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Sylvie Goulard au Mans
28 avril 2009
 

Morceaux choisis

 

Sylvie Goulard, tête de liste du Mouvement Démocrate sur la région Grand Ouest, était de passage au Mans ce mercredi 28 avril. En compagnie de Waltraud Esnée et de la présidence du Modem Sarthe, elle a dans un premier temps visité une association d’insertion. Cela lui a permis, au plus près du terrain, de mieux appréhender le rôle essentiel de ces structures au contact des personnes les plus en difficulté, et les problèmes qu’elles rencontrent pour accomplir leur mission. Elle a ensuite participé, après une conférence de presse, à un échange avec les adhérents sur de nombreux sujets autour de l’Europe. Morceaux choisis (rédaction à partir de notes, seul le prononcé fait foi).

 

La campagne pour les élections européennes (lire à ce propos la tribune de S.Goulard dans Le Monde)

L’actuelle non campagne est un scandale !

Il y a un intérêt manifeste pour l’UMP et le PS à jouer le jeu de l’abstention pour limiter le vote sur les plus petits partis, et c’est pour cela qu’il n’y a pas de campagne européenne.

On instrumentalise l’Europe de façon flagrante et navrante : quand la France est à la présidence de l’Union Européenne, on la met en avant et on la met en scène pour vanter l’action de Nicolas Sarkozy, quand elle ne l’est plus, on la rejette plus bas que terre et on envoie pour représenter la France dans des listes même pas terminées (alors qu’on désigne déjà des candidats pour les régionales !) des ministres comme Madame Dati qui montrent tous les jours leur désintérêt pour la question européenne.

 

Il faut être fier de l’Europe, de ce qu’elle a fait ! A-t-on déjà oublié d’où nous venons ? A-t-on déjà oublié notre histoire du 20è siècle ?

 

Pour ou contre la reconduction de M.Barroso à la tête de la Commission Européenne

La façon dont les Etats sont en train de négocier entre eux la reconduction de M.Barroso, alors même que le Parlement Européen n’a pas été élu, est un déni de démocratie. Le mandat de la Commission se termine en novembre : le Parlement Européen a tout le temps, si on le lui laisse, de débattre du bilan de la Commission et de rechercher un successeur à son président.

 

En plein cœur d’une crise où tout le monde demande la régulation des marchés, quelle crédibilité pour M.Barroso qui a été le chantre de la dérégulation ? Le Modem est contre sa reconduction à la tête de la Commission Européenne.

 

La défense européenne

Il est urgent d’avancer sur ce sujet, pour deux raisons:

- nous sommes déjà dans un monde dangereux, nous allons vers un monde encore plus dangereux

- la défense coûte très cher : plus on attend, plus il sera difficile de la financer

 

L’Europe va être confrontée à une très grande difficulté car il faudra qu’elle finance sa défense tout en gardant des marges de manœuvre pour financer son modèle social, et cela dans un contexte de déficits publics abyssaux accentués par la crise.

Il y a une opportunité de rapprochement avec les Etats-Unis, qui tirent de la crise le besoin d’améliorer leur système social, et donc de le financer. Le rapprochement avec l’Europe leur permettrait de mutualiser l’effort de défense.

 

Mais il ne faut pas non plus tout focaliser sur un projet d’une telle ambition, sinon l’Europe n’avancera toujours pas. Il s’agit d’avancer par étapes plus faciles à passer.

Le Royaume-Uni et l’Union Européenne

Sa position reste partagée vis-à-vis de l’Europe continentale. Le Royaume-Uni présente toutefois l’intérêt d’avoir toujours respecté ses engagements, ce qui n’est pas le cas d’autres grands pays européens comme la France.

 

Il est de l’intérêt de l’Union Européenne d’avoir un Royaume-Uni fort. La crise a profondément marqué les Britanniques, qui ont été plus touchés par la tourmente financière et monétaire. Ils sont plus demandeurs de régulation de l’économie et ceci ouvre une opportunité pour un rapprochement sur ce point de vue en Europe.

 

La question de fond pour l’Europe

Notre mode de consommation n’est pas un mode de consommation durable. Nos pays riches ont vécu sur le dos du reste du monde, et nous voyons maintenant déferler massivement des hommes qui travaillent pour presque rien, parce que pour eux presque rien c’est mieux que ce qu’ils ont.

 

Nos acquis sociaux sont en ce sens extrêmement difficiles à défendre face aux plus pauvres. L’Europe doit avoir une voix dans le monde, pour discuter calmement de cet état de fait et de la façon de le faire évoluer.